1ER MAI 2026

, par udfo53

PRISE DE PAROLE INTERSYNDICALE

Mesdames, Messieurs, Camarades,

Merci d’être présents à ce rendez-vous du 1er Mai, journée internationale de lutte des droits des travailleurs qui a 140 ans aujourd’hui !!! Le 1er Mai ce n’est pas la fête du Travail ou du muguet. Non, le 1er Mai, seul jour férie chômé et payé est un symbole puissant pour les travailleurs et le mouvement syndical du monde entier. Ce jour rappelle que les conquêtes sociales et les libertés ne vont pas de soi, elles sont le résultat de luttes importantes pour les obtenir et aussi les maintenir. Le 1er Mai, c’est aussi une journée de solidarité internationale entre les travailleurs du monde entier, notamment avec ceux qui n’ont pas la liberté de s’exprimer, encore moins de se défendre. Nos organisations syndicales s’engagent chaque jour pour refuser l’exploitation et pour l’émancipation des travailleurs.

Ce 1er Mai est particulier, une petite musique résonne pour remettre en cause le seul jour férié et chômé pour les travailleurs. Il s’agirait de permettre à des pans entiers de l’économie de fonctionner le 1er Mai, de faire travailler les salariés. Les lobbies et certains parlementaires n’hésitent pas à utiliser les arguments les plus fallacieux pour nous faire croire à l’impérieuse nécessité de transformer le 1er Mai en jour normal et nous le faire accepter. Mais à quoi jouent-ils ? N’y a-t-il pas d’autres priorités en ce moment ?

S’attaquer au 1er Mai, c’est remettre en cause plus de 100 ans de luttes sociales. Laisser faire, c’est ouvrir la porte aux remises en cause de toutes les conquêtes sociales. Devant le tollé que cela a suscité, le gouvernement a mis en pause la proposition de loi. C’est une première victoire.

Nous le disons avec force et détermination, Il n’y a rien à négocier ! PAS TOUCHE AU 1er MAI !!!

Manifester le 1er Mai, c’est aussi porter nos exigences de progrès social.

Nos organisations syndicales rappellent que le mouvement syndical, vecteur de progrès social ne peut exister ni se développer sous des régimes autoritaires ou illibéraux. Les politiques anti-sociales menées et les discours de rejet de l’autre et de haine constituent une impasse démocratique et sociale. Partout où ces politiques sont menées, nous faisons le même bilan : justice sous contrôle, presse muselée, syndicats et associations entravées, marche à la guerre, conquêtes sociales remises en cause, droits des femmes attaqués, urgence climatique niée. Nous combattrons sans relâche toute forme de racisme, de discrimination qui ne servent qu’à diviser les travailleurs et affaiblir leurs luttes.

Il ne peut y avoir de progrès social dans ces conditions. Nos organisations renouvellent leur exigence d’abrogation des lois liberticides, loi sécurité globale, loi dite contre le séparatisme et combattront toutes les tentatives de promulguer des lois qui créent un délit d’opinion comme cela était le cas avec la loi Yadan.

Nos organisations syndicales condamnent toutes les tentatives d’intimidation des militants syndicaux, de discriminations syndicales et apportent à tous les camarades concernés leurs soutiens.

Ce 1er Mai se déroule dans un contexte d’intensification des guerres, et des conflits. Nous rappelons qu’un monde en guerre ou l’économie de guerre est une priorité n’est jamais synonyme de progrès social, bien au contraire. Les guerres démontrent, s’il le fallait que les bombardements et les interventions militaires ne se font pas dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs : en premier lieux ce sont ceux qui sont sous les bombes et pleurent leurs morts, et indirectement l’ensemble des travailleurs du monde entier qui subissent les conséquences. Comme écrivait Paul Valéry : « la guerre c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent très bien mais qui ne se massacrent pas »

Nous refusons la politique de « militarisation des esprits » et « d’acculturation à la défense » de la jeunesse, ainsi que le service militaire volontaire (qui n’aura à terme de volontaire que le nom). Nous disons NON au Général Mandon et au Président Macron, nous n’accepterons pas de sacrifier nos enfants !!! Ils ne seront pas de la chair à canon. Nous refusons que soit laissé comme seule perspective à la jeunesse, la guerre ou la précarité.

Nos organisations, farouchement pacifistes exigent un cessez-le-feu immédiat en Iran, au Liban, en Ukraine et partout dans le monde, ainsi que la fin du génocide à Gaza.

Nous appelons les travailleuses et travailleurs à s’organiser pour dire non à la guerre. A bas la guerre et oui à la paix des peuples dans le monde.

Les conséquences insupportables des guerres décidées pour des intérêts qui ne sont pas ceux des travailleurs entraînent des répercussions directes en France : l’inflation avec l’explosion du prix des carburants au bénéfice des profiteurs de guerre qui étouffe des millions de travailleurs et ménages. Il est largement temps que des mesures urgentes soient prises pour bloquer le prix de l’énergie et stopper les spéculateurs comme TOTAL qui a annoncé des résultats faramineux faits sur le dos des victimes de guerre.

Nous refusons fermement toute politique d’économie de guerre, d’augmentation sans fin du budget de l’armement qui se fait au détriment du financement des services publics et de notre protection sociale. Le gouvernement vient d’annoncer 4 milliards d’euros supplémentaires d’économies à réaliser sur le dos de la sécurité sociale et de nos services publics. Ces fonds, détournés au profit des dépenses militaires, creusent les inégalités et précarisent toujours plus les travailleurs, les privés d’emplois et les retraités.

La politique d’austérité bat son plein au détriment des plus fragiles. Et ce sont toujours les mêmes recettes : faire des malades, des chômeurs, des précaires et des fonctionnaires, les coupables du fameux déficit que les gouvernements successifs ont eux-mêmes créés.

Dans notre pays, 6ième plus riche, le nombre de pauvres ne cesse de progresser atteignant en 2025, 11,2 millions. En même temps que l’offensive contre les politiques sociales, trouve un regain de vitalité, plus de 13000 millionnaires ne paient pas d’impôts sur le revenu, les profits des entreprises dopées aux aides publiques (plus de 211 milliards par an) et les dividendes versés aux actionnaires atteignent des records.

Dans notre département, les conséquences de la politique d’austérité nous les connaissons bien. Ce sont :
  Les plans de licenciements qui se multiplient comme chez Seb à Mayenne, TDV à Laval et dans nombreuses petites entreprises...
  La fermeture de dizaines de lits dans les hôpitaux comme à LAVAL en psychiatrie, des services d’urgences et de smur.
  La suppression supplémentaire de 4 bureaux de postes pour 2026.
  La suppression de 9 classes dans le primaire et 16 classes dans le secondaire au prétexte d’une baisse démographique qui aurait pu être mis à profit pour réduire l’effectif dans les classes et améliorer les conditions d’apprentissage
  ...

Cette journée du 1er MAI doit porter haut et fort nos revendications pour améliorer le quotidien des millions de travailleuses et travailleurs que nous représentons :

  Pour la paix et les libertés, la défense de l’état de droit.
  Contre toute politique d’austérité et d’économie de guerre
  Pour le renforcement de notre modèle social et la défense de la Sécurité Sociale, contre les mesures limitant l’accès aux soins (doublement des franchises médicales, remise en cause des arrêts de travail et IJ...).
  Pour la défense de tous nos services publics.
  Pour l’augmentation des salaires, traitements pensions et minimas sociaux. Alors que les prix de l’énergie explosent, nous exigeons des mesures fortes pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs.
  Contre la réforme des retraites. Nous rappelons que suspension ne vaut pas abandon. Les travailleurs refusent qu’on leur vole 2 ans de vie. Nous ne cesserons de revendiquer l’abandon de cette réforme injuste et injustifiée
  Contre l’atteinte au droit fondamental de saisir la justice (non au droit de timbre).
  Contre la remise en cause des droits à la formation des travailleurs (contribution financière obligatoire).

Le gouvernement n’entend rien, n’écoute rien, ni la colère, ni les alertes. Alors nous devons définir ensemble les moyens pour obtenir la satisfaction de nos revendications.

Nos organisations syndicales affirment qu’il est temps de mettre un coup d’arrêt à la destruction des conquêtes ouvrières. Nous mènerons les combats qui nous attendent dans la plus large unité possible. Il n’y aura aucune trêve, aucune, pour défendre la PAIX, la liberté, la justice sociale.

Vive la solidarité internationale des travailleuses et travailleurs !

Vive le syndicalisme !

Vive le 1er MAI des revendications !

PAS TOUCHE AU 1er MAI