Médiapost

, par udfo53

L’INTERMINABLE CALVAIRE DES DISTRIBUTEURS DE PUBLICITES

JADIS… (avant juillet 2005) les distributeurs de pubs (associés aux journaux d’annonces gratuits) étaient rémunérés « à la tâche » : «  vous-prenez, vous ne prenez pas, c’est le même tarif ». Les revenus étaient en dents de scie, et l’activité étant saisonnière, les cigales dansaient devant le placard de nombreuses fins de mois. Les réclamations se terminaient par l’octroi de défraiements supplémentaires, piètres compensations pénalisant tout autant l’Etat (c’est nous) que la retraite des distributeurs ; de nombreuses autres réclamations se réglaient par un licenciement...

Progrès éblouissant, la convention collective entrant en vigueur en juillet 2005, signée avec candeur par des syndicats confiant quant aux aménagements promis (?), apporta son lot d’espoirs. Espoirs vite déçus : affirmant que par leurs horaires de travail collectifs non contrôlables, les missions des distributeurs ne pouvaient être rémunérées que par une quantification préalable, les PDG de MEDIAPOST et d’ADREXO purent bientôt s’offrir des boîtes de cigares…

Car, si l’aveuglement des organisations syndicales se confirma par le tableau de cadences de travail, accélérant follement lorsque le poids des pubs baisse (?) et la modulation du temps de travail, qui, si elle « lisse » la saisonnalité, prive les distributeurs d’heures supplémentaires, leurs yeux se déssilèrent enfin au dépôt du premier décret tentant de légaliser la pré quantification en janvier 2007.

Il paraissait enfin que le système était perfectible et instable ! Et ce fut la première chute ! Le décret tombe en mars 2009.

Mais les acteurs patronaux de la branche récidivent en juillet 2010, complétant même le nouveau décret d’articles s’insérant dans le code du travail… Et c’est la deuxième chute ! Le nouveau décret instituant une dérogation au contrôle quotidien et hebdomadaire de la durée du travail de salariés ne travaillant pas selon le même horaire collectif tombe le 28 mars 2012, grâce aux mémoires et à la plaidoirie de la FEC (FO) et du SNPEP (syndicat national FO de la presse, de l’édition et de la publicité) !

Une belle victoire remportée par FO : désormais, les salariés sont en droit d’exiger la rémunération intégrale du temps passé au travail, rassemblement des documents-assemblage-distribution.

Et FORCE OUVRIERE d’accompagner chez MEDIAPOST et ADREXO cette petite révolution, plus durable que la précédente, le Conseil d’Etat ayant précisé que seul le législateur pouvait apporter dérogation au code du travail…

Autrement dit, c’en est fait des décrets concoctés derrière les lourds rideaux des cabinets du ministère du travail, il faudra maintenant les voix des députés !

Mais le malheur s’acharne, et c’est la troisième chute, pour les distributeurs celle-là : malgré l’acharnement de FORCE OUVRIERE à défendre l’assemblage manuel des pubs formant la « poignée », synonyme de convivialité et de mixité d’activité pour une meilleure santé, MEDIAPOST s’engage vers le « déploiement » de la préparation mécanisée du travail des distributeurs ; comprenez que ce sont des machines qui remplaceront les 40 % du temps contrat consacrés à l’assemblage manuel des pubs.

Les conséquences sont simples : un distributeur contractuel de 26 ou 35 heures, les passera en totalité à galoper sur le macadam ! En tout temps et par toutes saisons… Organisation se traduisant par un doublement du poids emporté (véhicule personnel) et porté par le distributeur ! Ajoutez l’isolement quasi-total ; ajoutez la mécanique réduction du nombre de distributeurs à moyen terme… Ajoutez la disparition des journaux d’annonces gratuits, la floraison de stop-pub et le durcissement de la concurrence de ce secteur d’activité, et vous aurez une idée de l’ampleur du boulot qui reste à faire…

Mai 2012