LE “MAL-ÊTRE” AU TRAVAIL DANS LA FONCTION PUBLIQUE HOSPITALIERE

, par udfo53

Ce n’est pas parce que les causes des troubles psychosociaux au travail sont identifiées qu’il faut les transposer dans la Fonction Publique Hospitalière !

Résumé des interventions de FO lors de la récente “Table ronde sur le mal-être au travail” organisée par le Sénat.

Diagnostic

La nouvelle gouvernance de l’hôpital impose des réflexes de survie où chacun reporte sur l’autre ses propres contraintes. Un contrat d’objectif pour chacun avec un seul objectif pour tous : diminuer les dépenses !

Il ne faut pas oublier que les personnels hospitaliers ont comme charge de travail la violence, la maladie, la souffrance et la mort. Cette confrontation des deux mondes conduit au mal-être des personnels hospitaliers.

Mal-être

L’absentéisme est le miroir de la pénibilité au travail. Entre 1998 et 2005, tous les indicateurs sont au rouge : les congés de maladie ordinaire augmentent de 34% ; le nombre d’accident de travail de 35% ; les maladies professionnelles de 400% ; les congés de longue maladie de 39%.

Principales causes

1- Les conditions de travail.

On demande au personnel hospitalier de faire en 35 heures ce qu’il faisait en 39 heures.

Le rapport annuel « Fonction Publique 2008-2009 » fait ressortir que :

- « les salariés à l’hôpital expriment l’impression de ne pouvoir quotidiennement faire face à leur charge de travail.

Ce sentiment est exprimé pour tous les jours ou toutes les semaines, par la moitié des infirmières et 45% des aides-soignantes.

- les emplois précaires représentent 18% du personnel et génèrent de par leur situation à la dégradation des conditions de travail.

Il a été établi sans ambiguité qu’« un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face » (Accord national interprofessionnel du 2 juillet 2008 sur le Stress au travail.)

2- Le management des D.R.H.

Le métier de D.R.H. à l’hôpital ne fait l’objet que d’une formation de 3 mois avant leur première affectation. Ensuite, ils sont interchangeables et passent des finances aux affaires médicales, aux travaux, par simple décision du directeur général, sans outil et sans formation. Les notions de gestion des communications transversales entre les services, les équipes et les professions sont à peine abordées.

Quant à celles qui portent sur le « bien être au travail », c’est pour eux de la sensiblerie.

3- L’absence de dialogue social

Le refus systématique de traiter les problèmes exposés par les représentants du personnel dans les CTE et les CHSCT conduisent les agents à rechercher des solutions individuelles.

Le désinvestissement au travail, le burn-out, les départs prématurés des professionnels et les arrêts de travail font partie de ces moyens.

Ce désinvestissement peut s’aggraver avec l’intéressement individuel à l’hôpital.

Les précédents auditeurs interrogés par la commission du Sénat estiment que “les nouvelles formes d’organisation du travail fondées sur la mise en concurrence exacerbée des individus conduisent à une déstructuration du « vivre ensemble » et brisent les rapports de solidarité et de coopération, et, par voie de conséquence, induisent une augmentation de la souffrance au travail”.

Ce n’est pas au moment où les causes des troubles psychosociaux sont identifiées qu’il faut les transposer dans la Fonction Publique Hospitalière.

Pour FO-Santé,”l’hôpital, pour fonctionner, a besoin d’équipes solidaires et non rivales”.

Les propositions de FO

En dehors de la réforme du financement de la sécurité sociale, pour donner des moyens supplémentaires aux hôpitaux afin de recruter les personnels nécessaires, il faut une réforme des services de santé au travail, autonomes des directions, avec des psychologues, des ergonomes…

Il faut investir dans la prévention des risques professionnels, avec un renforcement des moyens dévolus au C.H.S.C.T., la création dans tous les hôpitaux de plus de 1.000 agents d’une structure de développement social, afin, notamment, de faciliter le reclassement des personnes sur des postes plus légers au fur et à mesure de la proximité de la fin de carrière.

FO-santé a créé une Commission Spéciale C.H.S.C.T. avec des experts pouvant éclairer notre réflexion, pour faire de l’amélioration des conditions de travail des personnels hospitaliers, une priorité.