1er MAI

, par udfo53

Intervention de Sébastien Lardeux, Secrétaire Général de l’UD FO 53

Rappelons tout d’abord que depuis plus d’un siècle, le 1er Mai est une journée de solidarité internationale au cours de laquelle les travailleurs expriment leurs revendications. Le 1er mai, nous revendiquons, pour l’amélioration de nos conditions de rémunération et de travail. N’oublions pas que les acquis (sécurité sociale, retraites, droits sociaux…) ont été acquis de haute lutte par les travailleurs et leurs organisations syndicales. En France, ce 1er mai 2019 se situe dans un contexte que nous n’avons pas connu depuis de nombreuses années. Le gouvernement confronté à une crise sociale a choisi de s’attaquer à la liberté de manifester et de mettre en place une politique répressive et autoritariste. Notre organisation syndicale condamne toutes les violences lors des manifestations d’où qu’elles viennent. Nous exigeons l’abrogation de la loi dite anti-casseurs, le respect de la liberté fondamentale de manifester et la fin de la répression gouvernementale. Le 1er Mai 2019 se situe dans un climat social tendu marqué par des attentes sociales fortes. La crise actuelle et le mouvement des gilets jaunes sont les conséquences des politiques économiques et sociales menées depuis de nombreuses années privilégiant le capital au détriment du pouvoir d’achat des salariés des retraités, de la protection sociale et des services publics. Nous nous félicitons d’avoir refusé de participer au « grand débat ». Il n’avait pour objectif que de justifier la politique de régression sociale mise en place par Macron. La preuve en a été apportée lors du grand One Man show du Président, Jeudi dernier. Force est de constater que les réponses du Président de la République, sans surprise, ne correspondent pas aux revendications légitimes. Pire, il confirme sa politique, notamment en matière de réforme des retraites, de réforme de la fonction publique avec leur pendant en matière de santé et d’éducation

Sur le pouvoir d’achat, là encore, il ne répond aucunement aux revendications ni des organisations syndicales, ni des gilets jaunes. Nous constatons une nouvelle fois que la réponse du Président consiste à éviter une augmentation pure et simple des salaires. Face à la perte du pouvoir d’achat et face à la situation de pauvreté à laquelle sont encore réduits de trop nombreux salariés, actifs, retraités, nous revendiquons prioritairement l’augmentation générale des salaires, du point d’indice des fonctionnaires, du SMIC, des pensions et des minimas sociaux. A savoir une juste répartition des richesses produites par notre travail.

Sur la réforme des retraites, le Président, à l’intention de déposer pour l’été son projet de loi supprimant les 42 régimes de retraite existant en instituant un régime par point, dont l’objectif final est de diminuer les pensions de 45 milliards d’euros. C’est-à-dire la baisse du niveau des retraites et le développement pour ceux qui en ont les moyens de la capitalisation. La réponse de Macron sur la cacophonie gouvernementale sur l’âge de départ à la retraite est d’une grande hypocrisie. L’allongement de la durée de cotisation ainsi qu’une décote, encore plus importante qu’aujourd’hui, obligera les salariés à travailler plus longtemps. L’horizon que prépare le gouvernement si nous ne le stoppons pas, c’est travailler plus longtemps pour espérer bénéficier peut-être de pensions suffisantes pour subsister. La retraite par point, c’est le travail sans fin. Nous exigeons le maintien de notre système de retraite solidaire basée sur les cotisations et le salaire différé.

Sur les services publics, le Président, malgré certaines annonces, compte bien continuer ses réformes. Les lois Buzin, Blanquer ou Dussopt ne sont pas remises en cause. Il y a de fortes contractations dans le discours présidentiel ! Toutes les annonces ne peuvent faire oublier la réalité et l’actualité. Il a annoncé un possible arrêt (tout ou partie) de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Il renvoie cependant cette question au gouvernement tout en confirmant l’objectif de réduction de la dépense publique. De plus, le projet de loi de transformation de la fonction publique auquel se sont opposées toutes les organisations syndicales, commence son parcours parlementaire. Il entérine la précarisation de l’emploi, la destruction du statut et veut encourager le départ des fonctionnaires en préparant la privatisation des missions et la suppression de services publics. Pour votre information et pour exemple, il y aura à la CAF de la Mayenne, la suppression de 10 % de l’effectif d’ici 2021. Nous exigeons qu’un débat de fond sur l’avenir des missions de service public s’ouvre pour mettre en adéquation les besoins et les moyens nécessaires pour permettre de sortir de la seule vision budgétaire. FO s’oppose à la nouvelle réforme en cours dans la fonction publique, et se mobilisera le 9 mai avec toutes les organisations syndicales pour obtenir son retrait. Nous appelons chacun à se mobiliser massivement contre la destruction des services publics le 9 mai. Le Président a également annoncé qu’il n’y aura pas de fermeture de certains services publics (écoles et hôpitaux) jusqu’à la fin de son quinquennat. Nous demandons, dès à présent, qu’il bloque tous les projets en cours. La aussi méfions-nous, les hôpitaux ne ferment pas, ce sont les services et les lits qui sont supprimés. La loi Buzin, sur la transformation du système de santé, votée en première lecture fin mars, n’est pas remise en cause. Cette loi veut avec les fusions dans le cadre des GHT ou de la « labellisation » de soi-disant hôpitaux de proximité détruire le tissu hospitalier. De plus, les mesures d’économies pour les hôpitaux continuent (1 milliard en moins cette année). Ce sont bien souvent sous la pression budgétaire et des ARS que les directions ferment des services entiers. C’est le cas, ces dernières semaines. Je rappelle que la situation des hôpitaux du département est préoccupante en particulier à Mayenne. Déjà dans les hôpitaux mayennais, plus de 150 lits ont été fermés ces dernières années. Les conséquences sont connues de chacun des usagers. Sur l’école, Macron explique la aussi qu’il ne fermera pas d’école sans l’accord du maire, mais il continue de fermer des classes. Le résultat est le même. Il s’agit simplement de manipulation. Je pourrais continuer longtemps à faire la liste de nos revendications (dans l’éducation et la réforme Blanquer, sur l’assurance chômage, sur notre système de protection sociale, sur les droits collectifs, etc…). Revendications que nous avons déjà portées à de nombreuses reprises dont le 19 mars auxquelles le Président et le gouvernement ne comptent pas y répondre et je pourrais aussi continuer à faire l’analyse du discours manipulateur de Macron. Mais, on le voit bien, et ici nous sommes tous convaincus que le Président ne change pas de ligne politique, malgré ses annonces floues et contradictoires. Il reste dans cette ligne ultralibérale de destruction de notre modèle social.

Plus que jamais, il est de notre rôle de syndicat libre et indépendant de porter les attentes des salariés. Nous considérons que c’est effectivement par l’action syndicale, la mobilisation et la grève que se dégagera une issue pour obtenir satisfaction à nos revendications et faire reculer le gouvernement et en particulier par la grève générale. Nous devons organiser ensemble, dans la plus grande unité possible les conditions de la construction du rapport de force. Vive le syndicalisme libre et indépendant. Vive la solidarité internationale des travailleurs. Vive le 1er Mai des revendications. Vive la Confédération Générale du Travail FORCE OUVRIERE.

Merci